DÉCLARATION LIMINAIRE DU VENDREDI 19 JUIN 2026
Nous sommes réunis aujourd’hui en CCMA concernant les avancements.
Le SPEP‑CFDT souhaite attirer l’attention sur l’insuffisance persistante des contingents de promotions, tant pour l’accès à la hors‑classe que pour la classe exceptionnelle. Ces contingents, manifestement trop limités, ne permettent toujours pas de reconnaître à leur juste valeur l’ancienneté, l’engagement et les compétences des personnels. Ils génèrent frustration et incompréhension chez de nombreux collègues qui, malgré des parcours professionnels solides, se voient durablement écartés des possibilités d’évolution. A quand une revalorisation significative de ces contingents afin de garantir des perspectives de carrière plus équitables et plus lisibles pour tous, à défaut de celle du point d’indice ?
En cette fin d’année scolaire, le Spep-CFDT souhaite aborder un angle mort préoccupant dans l’enseignement privé : la faiblesse de la médecine de prévention et du suivi en santé au travail. Or, l’employeur a l’obligation de protéger la santé physique et mentale des agents et de prévenir les risques professionnels, notamment psychosociaux. Dans un contexte d’intensification du travail, les risques psychosociaux — stress, épuisement professionnel, tensions relationnelles — sont désormais largement installés dans les établissements privés et affectent durablement les personnels.
Le Spep-CFDT souhaite alerter une nouvelle fois sur les conditions de travail des enseignants en cette fin d’année scolaire. Aujourd’hui, la réalité est claire : les missions s’accumulent sans cadrage ni organisation soutenable. Cours, examens, surveillances, corrections, oraux, jurys… les collègues doivent tout assumer simultanément, parfois sur plusieurs sites, dans des journées devenues impossibles à tenir, malgré la réunion avec le SIEC que vous nous aviez obtenue. L’enquête menée par notre Fédération, la Fep-CFDT auprès de plus de 2 600 personnels confirme l’ampleur du problème : plus de 84 % sont mobilisés pour les surveillances, 66 % pour les corrections, 65 % pour les oraux, sur un temps très concentré en fin d’année déjà éprouvante.
Les conséquences sont lourdes : près de la moitié des collègues dénoncent des emplois du temps intenables, et un tiers cumule cours et missions d’examens sur une même journée. Cette situation génère fatigue, stress et dégradation des conditions de travail.
Cette situation n’est plus acceptable. Oui, les examens font partie des obligations de service. Mais non, ils ne peuvent pas justifier des organisations qui mettent les personnels en difficulté et reposent uniquement sur leur engagement. Nous vous demandons donc des mesures concrètes : un véritable cadrage des missions de fin d’année, une anticipation des convocations, et des organisations enfin soutenables et respectueuses des personnels.
Aujourd’hui, le système tient… mais au prix d’un coût humain qui n’est plus acceptable. Et qu’en sera-t-il avec la canicule ?
Nous souhaiterions voir la mise en place d’un groupe de travail sur la prévention des risques où tous les acteurs concernés (OS, OP, DEP) travailleraient de concert sur un cahier des charges défini afin d’aider au mieux et rapidement nos collègues.
Enfin, certains collègues bénéficiant d’une RQTH se retrouvent en difficultés dans leurs Établissements. Nous tenons à rappeler les obligations qui incombent au rectorat en matière d’accompagnement des agents publics bénéficiant d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (notamment la Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées »).
La loi impose en effet à l’employeur public de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’égalité de traitement et permettre le maintien dans l’emploi, notamment à travers l’aménagement des postes de travail, des conditions d’exercice et du temps de travail.
Ces obligations ne relèvent pas d’une simple faculté mais bien d’un cadre réglementaire contraignant. Elles doivent se traduire concrètement par des réponses rapides, adaptées et individualisées aux situations des collègues concernés. Or, nous constatons encore trop souvent des délais importants, des réponses insuffisantes, voire une absence de prise en compte effective des préconisations médicales.
Nous demandons donc au rectorat de respecter pleinement ses engagements en matière d’inclusion, de renforcer les moyens dédiés au suivi des dossiers RQTH, et de garantir une mise en œuvre effective des aménagements nécessaires, dans le respect de la dignité et de la santé des agents. Nous sommes, là aussi, prêts à travailler de concert avec la DEP et la Médecine de prévention.
Nous souhaitons également vous interpeller sur les modalités d’évaluation des Maitres délégués. Ils ne bénéficient ni de la sécurité de l’emploi ni des mêmes avantages sociaux (par exemple, le délai de carence en cas d’arrêt de travail s’élève à trois jours). Cette situation les rend vulnérables, tant sur le plan financier que psychologique. Ceci, d’autant que, ces derniers sont souvent confrontés à des conditions de travail particulièrement difficiles. Ils doivent s’adapter rapidement à différents environnements scolaires, prendre en charge des classes hétérogènes et gérer des situations complexes sans bénéficier du soutien et des ressources dont disposent généralement les enseignants titulaires. De plus, leur charge de travail peut être lourde, avec des horaires irréguliers et des exigences élevées.
Cependant, le nouveau cadre de gestion, négocié au Ministère de l’Éducation nationale par notre Fédération, la FEP-CFDT, a permis d’obtenir des avancées concernant les maîtres délégués, en commençant par une meilleure reconnaissance. Les maîtres délégués bénéficient enfin de visites d’inspecteurs. Cette évaluation mise en place cette année, leur ouvre des perspectives d’amélioration de leurs compétences professionnelles via les conseils de l’IPR, via l’accès normalisé à la formation continue, via un encouragement pour passer les concours et devenir titulaire.
Par souci d’équité, il nous paraît souhaitable que les modalités d’évaluation soient alignées sur celles des enseignants titulaires et qu’à l’amont, l’agent soit suivi par un conseiller pédagogique. La reconnaissance et le soutien des maîtres délégués sont essentiels pour assurer la stabilité et l’efficacité du système éducatif, et pour attirer et retenir les talents dans la profession enseignante.
Nous vous remercions pour votre écoute.
Les élus CCMA du Spep-CFDT.

