Déclaration Liminaire CCMA du 2 avril 2026.
Madame, Monsieur,
Le SPEP‑CFDT souhaite ouvrir cette réunion en rappelant la situation de profonde inquiétude dans laquelle se trouvent les équipes éducatives de Paris à l’approche de la rentrée prochaine. Les informations remontées par les établissements sont sans ambiguïté : la Dotation Horaire Globale (DHG) 2026 est une nouvelle fois insuffisante. Les pertes d’heures annoncées, ainsi que les fermetures de classes auront des conséquences directes tant sur les conditions d’apprentissage des élèves que sur les conditions de travail des personnels.
Dans de nombreux établissements, la DHG présentée ne permet pas de couvrir les besoins pédagogiques minimaux :
- options menacées ou supprimées,
- heures d’accompagnement fondamentalement nécessaires réduites au strict minimum.
Le Spep-CFDT dénonce une approche strictement comptable, qui nie la réalité du terrain. Les équipes doivent chaque année « bricoler » pour maintenir un enseignement digne de ce nom. Cette situation n’est plus acceptable. Nous vous le disons : nous sommes une richesse ! Nous fabriquons la richesse de ce pays à long terme ! Nous produisons l’avenir, à moindres frais et nous ne sommes perçus que comme des euros, dans une logique strictement comptable et court termiste !
Les pertes d’heures annoncées dans un grand nombre d’établissements ne sont pas neutres : elles entraînent mécaniquement une dégradation des services, une augmentation des compléments de service et une pression accrue sur les équipes.
Pour les élèves, ces réductions signifient :
- moins de soutien,
- moins de diversité pédagogique,
- des classes plus chargées.
Pour les personnels :
- une instabilité professionnelle croissante,
- des services éclatés,
- une difficulté accrue à concilier vie personnelle et professionnelle.
Le Spep- CFDT rappelle que la réussite des élèves ne peut pas être le résultat d’économies budgétaires faites sur le dos des établissements.
Les remontées que nous recevons sont alarmantes : sentiment d’abandon, perte de sens, surcharge administrative, injonctions contradictoires.
Face à cette accumulation, le climat social se tend, et les personnels expriment de plus en plus clairement leur colère.
C’est dans ce contexte, que le Spep-CFDT a appelé à la grève le mardi 31 mars. Ce n’est pas un hasard. Cela traduit l’exaspération de personnels qui ne se sentent ni entendus, ni soutenus, ni respectés, tout comme la jeunesse.
Le SPEP‑CFDT rappelle que la grève n’est jamais une fin en soi. C’est la marque d’un dialogue social insuffisant, d’un manque de transparence, et de décisions trop souvent imposées sans concertation réelle.
Le Spep-CFDT demande une révision de la DHG fondée sur les besoins réels des Établissements. La garantie du maintien des options et des dispositifs pédagogiques nécessaires à la réussite des élèves. Un véritable dialogue social, continu et respectueux, permettant d’anticiper plutôt que de subir : que va-t-il se passer pour les maîtres délégués qui ne seront pas renouvelés l’an prochain ? Que compte leur proposer le Rectorat ? Nous sommes particulièrement préoccupés pour eux.
Que va-t-il se passer pour les collègues des Établissements en cours de fusion-absorption ? Pour le Spep-CFDT, il est indispensable, lorsque des établissements fusionnent, que les directions demandent également la fusion des moyens alloués par le rectorat (à savoir une DHG commune). Faire en sorte que les enseignants soient réunis au sein d’une même communauté pédagogique, et non divisés, doit être un enjeu essentiel de toute fusion.
Concernant l’ordre du jour, on constate que la majorité des demandes de congé de formation concernent, une nouvelle fois cette année, les préparations aux concours, notamment à l’agrégation (49 demandes sur 56) Faut-il vraiment que la seule perspective d’évolution professionnelle pour un enseignant soit de décrocher un concours supplémentaire ?
Relevons également qu’il y a plus d’une cinquantaine de demandes de congé de formation pour la troisième année consécutive alors qu’il n’y en avait encore qu’une trentaine en 2023.
Concernant l’avancement accéléré aux échelons 7 et 9, le nombre de promotions reste toujours aussi limité puisque le quota de 30%, suivant une même logique de restriction budgétaire, est inchangé. Ainsi, à titre d’exemple, 1 seul professeur de PLP et 2 professeurs EPS seront promus à l’échelon 9 cette année. Le SPEP-CFDT maintient son souhait de voir appliquer la représentativité hommes / femmes aux contingents à promouvoir de la même façon que le SPEP-CFDT l’a demandé initialement : la position du syndicat est de favoriser l’accès à la promotion des femmes pour pallier au fait qu’elles ont souvent moins d’opportunités d’exploiter pleinement toutes leurs compétences professionnelles, les sacrifiant pour leur vie familiale. Nous sommes pour conserver le système actuel, considérant qu’un homme dispose de conditions plus faciles pour obtenir un avis excellent qu’une femme (il est plus disponible pour organiser des projets, accepter des IMP,etc.). Cependant, le SPEP-CFDT souhaiterait connaître la position de la CCMA à ce sujet : les critères retenus pour déterminer les promus pourront-ils être votés en début de chaque CCMA durant laquelle la question se pose ?
Du reste, cette logique strictement comptable interroge profondément le sens même de nos parcours et la manière dont l’institution reconnaît – ou non – les compétences développées au quotidien dans les établissements.
Lors de la CCMA du 5 février 2026, Monsieur Hugoy avait proposé aux organisations syndicales la mise en place de rendez-vous mensuels afin de résorber les problèmes structurels de paiement dans l’enseignement privé de l’académie de Paris. Le SPEP‑CFDT tient à saluer sincèrement cette initiative, que nous jugeons indispensable. Nous souhaitons qu’elle s’inscrive dans la durée et qu’elle se traduise concrètement par un travail régulier et effectif afin de mettre enfin en œuvre la dynamique annoncée. Nous le devons à nos collègues ! En effet, nous constatons, alors que nous sommes le 02 avril que beaucoup de trop de collègues sont encore en attente du règlement de leur situation et, de facto , restent en grande souffrance.
Nous vous remercions pour votre écoute.
Les élus CCMA.